Université Paris 8
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Appel à communications
Habitabilité des mondes cartographiques

Colloque international
Mondes, interfaces et environnements à l’ère du numérique

11-12 et 13 décembre 2017
Propositions à envoyer avant le 1er octobre 2017

Université Paris 8, Saint-Denis, France
Archives nationales, Pierrefitte, France


Colloque international et transdisciplinaire organisé en partenariat avec les Archives Nationales et l’EnsAD dans le cadre du projet « Mondes, interfaces et environnements à l’ère du numérique » soutenu par le Labex Arts-H2H les 11-12 et 13 décembre 2017.


Les explorateurs ont bâti leurs rêves sur les manques à combler des cartes. Certains manques, ont fait l’objet de quêtes cartographiques durant des décennies qui relèvent aujourd’hui de la fiction. Ainsi on a cherché les traces du déluge de Noé, l’El Dorado, la Terra Australis ou encore les canaux de Mars. Si les explorateurs ont passé leur vie à cartographier, nous passons nos vies dans des modalités cartographiques que nous nourrissons littéralement de nos données et optimisons de par nos déplacements et nos échanges. Il ne fait pas de doute que l’ère des écrans a engendré un usage massif et extraordinairement divers des cartes : cartes géographiques, de toutes sorte d’échelles et d’usages, cartes de visualisation des données, cartes du cerveau. Cette multiplication et cette diversité d’usage se conjuguent à la recherche de modes d’appropriation des données cartographiées innovants, dans les domaines techniques comme culturels, patrimoniaux et mémoriels. Cette recherche est poursuivie autant par les producteurs actuels de cartes que par les responsables de leur conservation à travers le temps, tels que les archivistes, ces acteurs agissant parfois ensemble pour promouvoir, grâce à de nouvelles approches transdisciplinaires, l’étude et la valorisation, scientifique comme artistique, de documents anciens, « beaux « ou moins « beaux », abscons ou limpides, porteurs souvent autant de symboles et de poésie que d’Histoire.


Pourquoi des cartes alors ? Pourquoi la multiplication des cartes sur nos appareils, quels en sont les usages, en quoi modifient-elles notre pensée et notre sensibilité ? Sommes-nous incorporés dans la carte autant que nous incorporons les données de la carte ? Si nous la portons au plus proche de nos organes (œil, peau et oreille), la cartographie devient-elle une seconde peau ? Est-ce une – Seconde Terre - opérable – dont les matériaux algorithmisés pour la fabriquer sont l’or, traqué de compagnies qui cherchent à façonner les modalités de représentation du monde ? A tel point, qu’il semblerait que plus rien ne soit à l’extérieur. Que reste-il du dehors ? De fait, que reste-t-il de notre rapport à l’étendue concrète dès lors que cette démarche consiste à nous abstraire du monde ? En d’autres termes, l’approche topographique revient-elle à oblitérer le monde, ou du moins à le réduire à un lieu plutôt qu’à une matrice (topos contre chôra) ? Faut-il penser, dans le sillage d’Augustin Berque, que « cette spatialisation a fait taire le chant du monde. [Qu’]elle en a figé le poème, en le vidant de sa poésie » ? Ou bien est-ce tout à fait l’inverse, avec l’avènement de nouvelles modalités (techniques) de production de mondes possibles, lesquelles constitueraient une nouvelle façon d’habiter les flux ? Où sont les angles morts et les zones blanches des cartes ? Existent-ils encore des espaces invisibles ? Qu’est-ce qui résiste aux captures de l’ensemble du paysage informationnel ? Où réside l’in-cartographiable ? Où gît l’irréductible ?


Merci de soumettre vos propositions (500 mots maximum) ainsi qu’une brève présentation bio/bibliographique avant le 1er octobre 2017 en cliquant sur le lien suivant :
https://easychair.org/conferences/?conf=mapping2017
N’oubliez pas de téléverser vos documents au format PDF sur le site. Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Les contributions peuvent être proposées dans l’une ou l’autre langue accompagnées d’une brève présentation biographique de l’auteur.


Les contributeurs seront informés de la décision du comité scientifique le 10 octobre 2017 au plus tard. Pour tout autre renseignement, merci de nous contacter à l’adresse suivante : mapping@univ-paris8.fr
Organisateurs : Pierre Cassou-Noguès (Paris 8), Lucile Haute (Université de Nîmes), Arnaud Regnauld (Paris 8), François Sebbah (Paris 10), Gwenola Wagon (Paris 8).
Labex Arts-H2H

Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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