Université Paris 8
2 Rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis

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Colloque Gestes et mouvements à l’oeuvre : une question danse-musique

les 17 et 18 janvier 2013

Université Paris 8
2 rue de la Liberté
93200 Saint-Denis

Porteurs du projet :
Olga Moll
Pauline Nadrigny
Christine Roquet
Katharina Van Dyk

En collaboration avec :
Centre d’Esthétique et de Philosophie de l’Art de l’Unité de recherches Philosophies Contemporaines, Université Paris 1, Théâtre de Gennevilliers, Centre Dramatique National de Création Contemporaine


Comment, en danse, en musique et dans leur association, sont pensés et mis en œuvre mouvement et geste ? En danse, mouvement et geste sont très rarement distingués. Cependant, dans Le geste et sa perception, Hubert Godard (danseur et chercheur), décrit ce dernier « comme un phénomène relatant les stricts déplacements des différents segments du corps dans l’espace – au même titre qu’une machine produit du mouvement ». Alors que le geste, lui, « s’inscrit dans l’écart entre ce mouvement et la toile de fond tonique et gravitaire du sujet : c’est-à-dire le pré-mouvement dans toutes ses dimensions affectives et projectives. C’est là que réside l’expressivité du geste humain, dont est démunie la machine ». Cette distinction ne fait pas l’unanimité chez les praticiens danseurs qui font un usage indifférencié de l’un et l’autre termes et leur inventent de nouveaux sens et modes de relation.


Pour ce qui est du champ musical, Michel Imberty fait état de l’approximation avec laquelle sont utilisés ces termes : « Mouvement, geste [et figure] sont des notions qui restent souvent floues et utilisées de façon plus ou moins interchangeables dans le vocabulaire de l’analyse et de la sémiologie de la musique ». Par ailleurs la question du geste en musique est elle-même complexe. On se demandera à quels glissements de sens nous sommes confrontés lorsque le son du geste instrumental fait partie intégrante de la sonorité de l’œuvre ou encore lorsque l’on introduit les musiques mixtes et « non instrumentales » électroacoustiques et électroniques. Dans ces contextes, le geste musical est-il détachable d’une inscription charnelle ? Qu’en est-il du geste inscrit à même la matière sonore, à même son écriture ? Si en danse la dimension du geste est corrélative de la qualité du mouvement, qu’en est-il pour la musique ? Qu’en-est-il de ce « corps qui se donne en musique » ?


Danse et Musique sont ici séparées, ce sont cependant leurs interactions qui seront au centre de notre propos. Quand le spectacle se donne « comme un même geste » musical et chorégraphique dans l’instant de sa réception, comment le décrire et/ou l’analyser ? Comment ne pas tomber dans un dialogue de sourds, lié aux frontières entre disciplines, entre analyse musicale d’un côté et chorégraphique de l’autre ? Selon quel processus un chorégraphe crée-t-il du mouvement, du geste, « sur » ou « à partir » d’une œuvre musicale ? En retour, quel effet la danse produit-elle sur la musique ? Comment dialoguent « musicalité de la musique » et « musicalité du geste dansé » ?

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Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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