Université Paris 8
2 Rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis

© Labex Arts-H2H | Mentions légales

Colloque : Littérature et histoire en débats

Du 10 au 12 janvier 2013

Centre Malher
9 rue Malher
75004 Paris

Archives nationales
59 rue Guynemer
93383 Pierrefitte sur Seine

Ecole normale supérieure
45 rue d’Ulm
75005 Paris

Projet réalisé par :
Catherine Coquio

Partenaires :
Laboratoire Littérature et histoire
Archives nationales

En collaboration avec :
La vie des idées
Ens
EHESS
Université Paris 1

contact :
asia.kovrigina@gmail.com


Le colloque international entend approfondir des débats qui suscitent aujourd’hui un intérêt renouvelé à l’université comme dans l’espace des revues d’histoire, de littérature et de philosophie : la question des rapports de l’écriture littéraire avec l’histoire et l’historiographie se voit reposée à nouveaux frais, autonomisée et déplacée, soumise à des interrogations épistémologiques et politiques nouvelles.


Le colloque tentera d’entamer une réflexion croisée sur la notion de littérature, trop peu historicisée et souvent ramenée à celles de récit ou de fiction, et sur la notion d’histoire, prenant en compte la polysémie dont le régime moderne a chargé le mot. Comment comprendre l’actuelle cristallisation, dans les études littéraires et l’esthétique, autour des notions d’archive, de document et de témoignage, et que penser du « retour au réel » ou « retour à l’histoire » de la littérature et de l’art ? Tandis que paraissent des œuvres d’écrivains qui semblent entreprendre d’écrire l’histoire à leurs manières, abondamment analysées et débattues par la critique littéraire, des travaux d’historiens se donnent volontiers pour objets des œuvres littéraires, prennent position dans des polémiques à leur sujet, remettent l’écriture littéraire à l’honneur selon diverses perspectives, produisent des textes qui relèvent des deux pratiques ou travaillent en direction de l’épistémologie.

Du côté de la théorie littéraire, qui se trouve à nouveau confrontée à l’histoire littéraire, on assiste dans certains champs à une mutation des paradigmes critiques : les notions de « roman historique », de « réalisme », cèdent le pas à celles d’ « œuvre-témoignage », de « geste testimonial », de « transcription de l’histoire », de « parti-pris du document » ; on discute l’hégémonie du modèle fictionnel au détriment des « genres factuels », qui suscitent des investigations nouvelles. Du côté de la réflexion sur l’histoire, on parle des « procédés littéraires » de l’historiographie, d’un « raisonnement historique » présent au sein du littéraire, de « découvertes techniques des romanciers » mués par les historiens en « procédés cognitifs ».


Que dit cette situation de la manière dont les uns et les autres envisagent non seulement leur propre rapport au temps qui passe, mais celui de l’autre ? Quel imaginaire de la création littéraire cultivent ceux qui écrivent et pensent l’histoire, quel imaginaire de l’histoire cultivent ceux qui font et pensent la littérature ? Peut-on historiciser ces imaginaires et les interpréter ? Qu’est-ce qui, du savoir vivant de l’autre, reste ou devient un point aveugle, fief imprenable ou domaine inassimilable ? Faut-il n’y voir que l’effet des spécialisations propres à la production moderne des savoirs, ou des rapports de force entre deux institutions ?

Le colloque invitera à cartographier, autour d’objets de recherches et de propositions scientifiques et critiques, des pratiques méthodologiques et discours émergents, là où les outils de l’historien se combinent parfois avec ceux de la littérature. Chercheurs et créateurs seront invités à faire part des cas qui les ont poussés à un renouvellement méthodologique, de leurs pratiques frontalières ou expériences de collaboration, des découvertes qu’ils y auront faites et des difficultés rencontrées. On réfléchira ainsi aux possibilités et limites de pratiques transversales en fonction d’objets spécifiques, qui pourront se situer dans le passé le plus lointain, comme dans le temps présent.

Labex Arts-H2H

Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

Nous suivre