Université Paris 8
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Francophonie et frontières

Colloque international

21 mars 2014
De 13h30 à 18h

Ministère des Affaires étrangères Bulgare


Le sans frontières est plutôt tendance aujourd’hui : « Médecins sans frontières », « Journalistes sans frontières », bientôt « Douaniers sans frontières » (Debray, 2010).
« Bordering, ordering, othering » (Van Houtum & Van Naerssen, 2002), construction de frontières, d’ordres, d’altérité résume l’ambition d’un nouveau domaine à s’affirmer comme primordiale au sein des sciences sociales : une détermination des études sur les frontières pour adresser les questions cruciales de pouvoir, de souveraineté, de dé/re/territorialisation, de différence et de pathos constructiviste de cette nouvelle vision dans laquelle les frontières perdent leurs grammaires géographiques et leur solidité politique et deviennent compétition et lutte pour le sens, la signification et le pouvoir.


Le colloque proposé se situe au croisement de la surproduction de frontières, d’un côté, et de la surproduction de représentations, de significations, d’imaginaires, d’un autre côté. Le paradoxe du concept de frontières est qu’il émerge en même temps que son opposé et s’affirme en face d’une vague gigantesque, un vrai tsunami théorique et politique de de-frontalisation du monde, la fin d’un pouvoir défini et ancré territorialement et l’émergence du système-monde avec sa hiérarchie et sa structure – centre et périphérie – mais une structure déterritorialisée : économique, politique et symbolique.


Ce colloque s’inscrit dans la continuité des deux précédents : Francophonie et démocratisation, organisé au Parlement bulgare le 20 mars 2012 et Francophonie et citoyenneté numérique, organisé au Ministère des Affaires étrangères de Bulgarie, à l’occasion du 20e anniversaire de l’adhésion du pays à l’OIF en tant que membre à part entière, le 16 octobre 2013.


Le colloque s’articule en deux parties :
La première, Francophonie sans frontières, analyse la contribution de la Francophonie pour relativiser et déconstruire les frontières, pour créer des réseaux et d’autres formes susceptibles de les dépasser, pour partager langue, valeurs, visions, imaginaires. Il s’agit de questionner les nouvelles métaphores exprimant le monde déterritorialisé – liquidité, fluidité, flux, réseaux – et de rechercher des formes stimulantes de métissage et de dialogue interculturels (Krasteva, 2013).
La seconde partie Re/dé/construire les frontières analyse deux tendances opposées : l’effacement des frontières par l’art, les réseaux sociaux, l’Internet, l’économie de plus en plus mondialisée, d’un côté, l’explosion de nouvelles frontières, leur multiplication et leur diversification – biométriques, fonctionnelles, internes, temporelles, intelligentes, symboliques –, d’un autre côté. Dans un monde de plus en plus déterritorialisé, la nécessité de frontières ne fait qu’augmenter à cause de la capacité de ces dernières à cadrer les identités, à définir l’altérité, à ordonner les interprétations. Les analyses portent sur les recherches théoriques et esthétiques d’intellectuels et artistes qui s’ingénient à réinventer un espace avec leurs concepts, leurs images et leurs imaginaires, et à re/dé/construire les frontières (Rouet & Soulages, 2013).

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Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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