Université Paris 8
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La photographie comme arme

Photographie sociale et documentaires dans les années 1930

Vendredi 25 mars 2016

INHA
salle Vasari
2, rue Vivienne
75002 Paris

Métro : Bourse (ligne 3)


L’engagement des photographes dans les structures politiques et culturelles de la gauche révolutionnaire des années 1930 est aujourd’hui encore une zone d’ombre de l’histoire de la photographie et de la presse illustrée. Il a été en effet longtemps éclipsé par la notion de « photographie humaniste » forgée dans l’après-guerre pour décrire l’optimisme populaire qui caractérisait la production visuelle des Trente Glorieuses. Aussi a-t-on souvent considéré les photographies sociales et documentaires de l’entre-deux-guerres comme les prémices du regard humaniste arrivé plus tard à maturité.


Pour de nombreux photographes comme Claude Cahun, Eli Lotar, Pierre Jamet, Loré Krüger, Germaine Krull, Tracol, André Papillon, René Zuber, Henri Cartier-Bresson ou Willy Ronis, la photographie représentait pourtant le médium démocratique par excellence. Ces photographes travaillaient pour la presse illustrée communiste (Regards, L’Humanité, Ce Soir) et s’engagèrent dans l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR) créée par Paul Vaillant-Couturier en 1932.


Par le biais de ces structures, dans les différents médias et au cours des différentes expositions organisées par l’AEAR, ils défendaient une vision politique de leur activité, considérant la photographie comme une « arme de classe ». Certains d’entre eux publièrent des appels aux amateurs et organisèrent des collectes d’images et des concours d’amateurs photographes ouvriers ; d’autres fondèrent bientôt les premières coopératives indépendantes de photographes.


Mais à glorifier la figure du photographe engagé, ne risque-t-on pas de tomber dans l’illusion biographique et de mettre au second plan l’action motrice des structures collectives ? A brosser l’idéal type de la culture visuelle communiste, ne risque-t-on pas non plus d’oblitérer les tensions tant esthétiques que politiques d’un mouvement aussi riche que contrasté ?

Labex Arts-H2H

Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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