Université Paris 8
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Mythe, fortune et infortune de la Bohème

Porteur du projet :
Ségolène Le Men

La Bohème

Le concept de Bohème artistique se forge au milieu du XIXe siècle, entre romantisme et réalisme. Il cristallise un ensemble de transformations du statut de l’artiste, et lui assigne une place nouvelle dans la société. Le jeune talent n’est plus le protégé de quelque prince, mais ce génie solitaire qui anticipe les convulsions de notre civilisation. A travers la littérature et la presse, la Bohème acquiert très vite une popularité immense ; elle pénètre l’imaginaire collectif, nourrit l’opéra, le cinéma, la chanson jusqu’à devenir l’un des premiers mythes modernes.

Le mythe

Depuis une vingtaine d’années, des travaux portant sur des champs extérieurs à l’histoire des arts comme l’histoire des marginalités, des migrations, des nomades, ont renouvelé l’analyse de ce phénomène. Le mythe de la Bohème s’inscrit désormais dans l’histoire, infiniment plus riche et plus complexe, du rapport des peuples européens à la nation rome. Apparu au début du XVe siècle en Occident, le Bohémien devient un personnage de légende et un sujet de prédilection pour les artistes. Ses apparitions et disparitions soudaines alimentent le fantasme d’une vie sans attaches, sans règles, intense et sensuelle.

L’image

Bohémiens et bohèmes ont partie liée. Figure de la liberté, de l’errance, ils partagent marginalité et misère. Insaisissables, habiles, initiés à d’inaccessibles secrets, définitivement irréductibles à la norme, ils troublent, provoquent et enchantent notre société sédentaire. Par des mises en relations inédites, en s’appuyant sur une vaste iconographie autant que sur les croisements entre les disciplines (peinture, musique, photographie, cinéma...), l’exposition organisée aux Galeries nationales du Grand Palais compte apporter un jour nouveau sur cette histoire commune. Sans éluder la question de la répression historique dont ont souffert les peuples tziganes, ce projet est également un manifeste de tolérance ; la valeur d’altérité, qui fonde la distinction entre l’artiste et l’homme ordinaire y acquiert une portée universelle.

Labex Arts-H2H

Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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