Université Paris 8
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Ségolène Guinard

Contrat doctoral 2015
ED Pratiques et théories du sens (Université Paris 8)

Ségolène Guinard

Thèse : Faire monde dans un écosystème pauvre : écologie des lieux de vie extra-terrestres

Dirigée par Pierre Cassou-Noguès et en codirection avec Dominique Lestel

Ségolène Guinard est diplômée d’HEC et de l’Ecole normale supérieure. Elle est également titulaire d’un master de philosophie contemporaine (ENS/EHESS) dont le mémoire portait sur les rapports entre animal et geste autobiographique dans l’oeuvre de Jacques Derrida. Membre du Laboratoire pirate de philosophie, regroupement de jeunes chercheurs ayant émergé des séminaires doctoraux de Dominique Lestel, ses recherches visent à explorer les conséquences conceptuelles des profondes transformations technologiques et écologiques qui affectent humains et non-humains. Dans le cadre de sa thèse, elle s’intéresse aux tentatives d’exportation de l’humain au-delà de l’atmosphère terrestre, et aux écosystèmes pauvres qui en résultent, c’est-à-dire aux milieux où les interactions entre humains et vivants non-humains sont extrêmement limitées.

Alors que se multiplient les recherches et les préparations à des voyages spatiaux habités de longue durée, vers Mars en particulier, alors que sont explorées les limites psychologiques, physiologiques et techniques de ces hypothétiques missions, une dimension manque encore à de telles études : celle de la pauvreté de ces lieux en vivant. Nous souhaiterions donc interroger l’absence partielle ou totale de végétaux et d’animaux dans les habitats spatiaux, qu’ils existent effectivement comme la station spatiale internationale, ou qu’ils ne soient encore que projets ou lieux d’entraînement. Que signifie pour un humain d’avoir à vivre (et exister) dans des écosystèmes qui ne laissent que très peu de place aux non-humains et à la question de leur éventuelle nécessité ?

La crise écologique que nous traversons et les extinctions massives que provoquent les activités d’une partie de l’humanité sont à l’arrière-plan de cette réflexion sur le devenir de l’humain et du vivant dans des écosystèmes en profonde mutation. Ainsi, la tentation d’envoyer des humains habiter d’autres planètes devrait nous inciter à poser la question de ce dont dépend l’existence humaine, et si les vivants non-humains ne sont pas à compter au nombre des substances dont l’humain ne saurait se passer sans faire l’épreuve d’un bouleversement ontologique et existentiel.

Partant de l’hypothèse que vivre ne consiste pas seulement à accomplir des fonctions organiques, mais également à aménager un monde qui ait du sens pour le vivant qui y habite, nous considérerons l’espace, non comme un vide, mais comme un lieu où vivants et technologies peuvent s’allier, étendant ainsi la possibilité de faire-monde sur la base d’une sémiosphère partagée. Il s’agit de comprendre quelle sorte de monde s’élabore à travers l’hybridation de la vie et de la technologie, là où la technologie devient à la fois support et substitut du vivant.

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The Laboratory of Excellence in Arts and Human Mediations is part of the “Investments for the future” program since 2011. As part of this program, its members conduct research following three main lines: situations, technologies, hybridization.

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