Université Paris 8
2 Rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis

© Labex Arts-H2H | Mentions légales

Techniques de transmission : l’« Autre » au coeur des politiques patrimoniales

Colloque

Les 24 et 25 janvier 2013

Archives nationales
Hôtel de Soubise
Salle d’Albâtre
11 rue des Quatre-Fils, 75003 Paris

Projet réalisé par :
Laboratoire Arts des images et art contemporain (UP8)
Archives nationales

Porteurs du projet :
Catherine Perret
Soko Phay-Vakalis


Depuis les années quatre-vingt-dix les musées font écho aux problématiques générées par les cultural studies et les postcolonial studies non seulement dans les sciences humaines mais dans les mouvements politiques, activistes et artistiques contemporains. Ils le font notamment sur le terrain de l’exposition, et de l’exposition « muséale », devenues depuis les années soixante-dix des « médiums » artistiques à part entière. Les musées répondent ainsi à deux phénomènes distincts et complémentaires : d’une part, l’interrogation des artistes sur l’art comme objet de collections publiques et par conséquent comme objet patrimonial ; et, d’autre part, le développement de nouvelles formes de recherches historiques à partir de fonds et d’ archives à la fois existants et manquants. Ainsi, les musées, accusés d’être complices
de l’hégémonie occidentale ébranlée par le contexte politique des Indépendances coloniales, ont ouvert leurs portes à ces « Autres » jusqu’alors circonscrits par des représentations abstraites.


Les processus culturels qui émergent à la faveur de cette évolution sont complexes. D’un côté, la notion d’altérité tend à s’absolutiser, que ce soit sous les espèces de l’ œuvre d’art décontextualisée ou de populations ou groupes sociaux marginalisés. De l’autre, la figure de l’Autre est progressivement réinventée. Elle génère de nouvelles pratiques institutionnelles. Des acteurs extérieurs aux musées s’emparent des collections dont ils changent le statut en développant de nouveaux modes de
transmission.


Réinvestis par des membres des diasporas, des « communautés sources » ou des artistes contemporains, les archives deviennent des objets de remémoration, de commémoration et/ou de fiction. Certaines archives deviennent elles-mêmes opératrices de transmission, lorsqu’elles sont réinvesties par de nouvelles significations au gré des jeux de reprises et des réemplois de matériaux existants. On observe ainsi parfois la reconstitution de « archives-oeuvres » nouvelles, à partir des fragments et des restes qui ont résisté à l’anéantissement. Celles-ci viennent non pas remplacer les objets disparus ou combler les images manquantes, mais « prendre à témoin » le spectateur des événements inscrits par l’historiographie officielle.

Labex Arts-H2H

Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

Nous suivre