Université Paris 8
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témoigner sur la Shoah en URSS

16 et 17 mai 2013

16 mai 2013
Centre Malher
9 rue Mahler
75004 Paris

17 mai 2013
Mémorial de la Shoah
17 Rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Entrée libre sur réservation : tél. 01 42 77 44 72

Projet réalisé par :
Annie Epelboin

Organisation :
Assia Kovriguina

En collaboration avec :
Université Paris Ouest
Mémorial de la Shoah


Ce colloque a pour but de présenter une part de la littérature de témoignage très peu connue jusqu’à présent, et d’interroger cette méconnaissance. Ceux qui ont voulu que l’extermination des Juifs par les nazis sur les territoires occupés de l’URSS ne soit pas oubliée ont écrit, en russe et en yiddish principalement, tout un ensemble d’œuvres-témoignages. Certains de ces textes ont été publiés dans la presse soviétique et aussitôt censurés, ou sont restés « dans le tiroir » ou dans les archives. Il est aujourd’hui nécessaire de combler une lacune qui met en jeu les paradigmes de la littérature de la Shoah telle qu’elle s’est inscrite dans la tradition littéraire du XXe siècle en Occident.


Afin de mesurer les effets de ce décentrement vers l’Est, on replacera ces écrits dans leur contexte historico-culturel. On éclairera ainsi le sens de leur « omission » : pourquoi et dans quelle mesure n’ont-ils pas pu atteindre leur lecteur, à l’Est comme à l’Ouest ? La version officielle de l’histoire, mise en place en URSS après la guerre, a gommé la spécificité de ce qu’ont enduré les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le mythe concernant la "Grande Guerre patriotique", celui d’un peuple soviétique uni derrière le peuple russe, mené par son chef vers une victoire glorieuse, allait contre la prise en considération du génocide comme tel. Ce dogme, devenu mythe fondateur de l’URSS après la guerre, perdure aujourd’hui. Et les problèmes liés à la collaboration d’une partie des populations soviétiques avec les nazis ont été refoulés et demeurent une gêne majeure.


La levée de la censure depuis la Perestroïka a ouvert l’accès aux archives et permis une avancée historiographique, et, très récemment la mise au jour de textes de témoignage. C’est sur cette part littéraire de la mémoire de la Shoah en URSS que le colloque portera, permettant de reconsidérer une vision du témoignage jusque-là axée sur l’expérience occidentale de l’extermination dans les camps et sur la figure du témoin « rescapé », revenu de lieux très éloignés. Or dans les territoires occupés de l’ex-URSS, les victimes ont été assassinées sur place, dans des ravins et des fosses, au vu et au su d’innombrables témoins. L’enchainement des violences politiques y a généré une imbrication serrée des traumatismes. C’est sur cette complexité mémorielle que portera une part de la discussion.


Il faut désormais entendre ces voix qui se sont élevées, souvent désespérément ou dangereusement, contre l’effacement redoublé de la mémoire du génocide, et comprendre les raisons du silence qui les a étouffées. Ce colloque international réunira dans ce but ceux qui étudient la littérature russe, yiddish ou les littératures de témoignage, et des historiens, des archivistes, des spécialistes de cinéma et de photographie.

Consulter le programme du colloque.[**]


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Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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